Saturday, May 30, 2009

Isabelle dansait à Paris

à la dame qui danse qui chante de tout son corps de tout son être

je n'avais jamais vu de pieds aussi vivants, leurs doigts - orteils ne convient plus - non pas préhensibles, mais qui décident, annoncent, préparent le mouvement de tout le corps

mais ce n'est qu'une métonymie de tout ce qu'elle fait et est dans le spectacle

j'avais en face de moi une colonne d'énergie multi-directionnelle, bref une sorte d'arbre de vie, parce qu'elle commence par le sol, elle part du sol, terre et racine, avant de s'élever

les doigts de pied sont ce qui relie les racines à ce qui sort de l'arbre sur la terre - un arbre est du temps sortant de la terre

autrefois j'aimais la formule : "la danse est le miroir du vent dans les arbres"

avec elle, les mouvements sont autre chose et surtout autre chose que de la danse

d'arbre, il y a aussi le chant des oiseaux

mais son chant part des mêmes profondeurs que le reste, il n'est pas posé sur les branches, il monte du tronc, avec la sève

le dernier chant surtout - improvisation vocale sur le Premier Prélude de Bach, une polyphonie, comme si plusieurs femmes chantaient tour à tour, se relayant, de plusieurs pays, de plusieurs cultures, un tour de monde de cultures devenues comme naturelles

ce n'est pourtant pas une voix caméléon

j'ai l'impression que sa base est l'alto - de la famille des voix dont l'étoile est Kathleen Ferrier, la voix qui me fait frissonner des pieds à l'esprit

au milieu, au centre, le corps, son air et ses souffles
j'ai beaucoup aimé entendre ses souffles, le double sens du mot inspiration, et cette vapeur invisible qui sort quand elle se lance

il faut sans doute être du métier ou de la pratique pour mesurer plus exactement la valeur technique de ce qu'elle fait, mais peu importe: l'art fait disparaître les peines qui y mènent, et le spectateur ne doit y lire que l'évidence

son corps est d'évidence

Eluard disait: "j'ai la beauté facile et c'est heureux"

de tout cela on sort avec une idée précisée et peut-être un peu réparée - ou consolée ? - de la dignité de l'être
Pierre Salvaing



photo 1 : Isabelle Barbat "nomades"
photo 2 : création image Isabelle Barbat d’après une photo de S. Pakudaitis

Sunday, April 12, 2009

Hommage à la Terre

du son plein les oreilles et des images plein les yeux

http://www.youtube.com/watch?v=AA-jZyc8zxo

chant ISABELLE BARBAT oud CLAUDE MOUTON

Combien de fois me suis-je perdu dans le flanc de ces montagnes parfois si hautes, parfois si vastes qui finissent si naturellement en plaines vagabondes ?

Combien de fois me suis-je plongé dans la douce mer aux sons des cigales nichées dans le secret des criques impénétrables ?

Vous parlerai-je de cet océan féroce le long de sa dune qui porte encore la triste signature de mon pays avec ces blokhaus immuables ? Tant de fois au risque de ma vie, je passerai la barre de vagues qui cache aux non-initiés le grand large ouvert sur d'autres horizons.

Et les lacs, les si beaux lacs, les bleus, les blancs, les noirs, ceux qui se glissent nonchalamment dans le vert des glaciers, d'autres, vestiges de l'ancien volcan, d'autres encore plus discrets qui accueillirent mes premières nages et, les indéfinissables qui permettent à tous ceux d'entre nous de dépeindre comme bon nous semble ces masses imposantes. Nous avons les mots, les couleurs, les sons pour leur donner un peu de notre nom.

Ah ! j'oubliais les plateaux ! Immenses plateaux suspendus au ciel dont certains par leur isolement rappellent ces déserts lointains qui offrent à celui qui sait les affronter la possibilité de ne plus penser.

extrait du roman : "Moi, soldat du IIIème Reich"

auteur : Isabelle Barbat copyright 2006 all rights reserved

Claude Mouton http://www.myspace.com/moutonclaude

Tuesday, April 07, 2009

Au Mandapa à Paris


Isabelle Barbat

sur la scène du

MANDAPA

dans

REQUIEM POUR UNE ÂME SEULE
et
WIND’S STORIES

2 solos de danse
dans lesquels la danseuse intervient aussi par le chant

Si on pouvait qualifier Isabelle
on pourrait dire d'elle
qu'elle a la couleur du voyage
qu'elle a la couleur de ce qui n'est jamais définitif
où la danse et le chant ne font qu'un seul corps

vendredi 15 mai 09 20 : 30
samedi 16 mai 09 20 : 00
dimanche 17 mai 09 17 : 00
réservation recommandée 15 euros, 11 euros, 7,5 euros

6 rue Wurtz 75013 PARIS 01 45 89 01 60 mandapa@wanadoo.fr

dessin : Isabelle Barbat

Wednesday, March 11, 2009

INSTANTS CHOISIS
au Congrès International de Yoga, les 8, 9, 10 mai 2009, à Annecy http://www.fidhy.fr/

création image : Isabelle Barbat
"du désert à la mer"

Wednesday, August 13, 2008

Propos d'Isabelle Barbat recueillis par la presse

Danser à 48 ans ?
Comment survivre dans la danse encore à cet âge.
Il faut alors se soumettre à une plus grande écoute de ce corps vieillissant pour se donner la possibilité de danser encore et longtemps.
Danser autrement en laissant de côté la bonne lecon apprise du geste formaté.
Quitter cette forme - recherche d'une certaine esthétique - pour entrer dans un autre univers : celui du fond animé par la respiration, celle-la même qui ouvre la voie sur le relaché du geste, cette nécessite absolue à la survie du corps dans la danse.
Enfin, le chant, discret, portera le corps jusque dans un souffle sonore.

I am a dancer and a singer.
I am 48 years old: how can we dance at 48?
At this age, things are not anymore in the appearance — form; but in the depth — profound.
Through my art work, I try to loose my own identity, my own individuality.
I try to enter into something more universal, something which concerns everybody:
suffering, despair, loneliness, fear but also love and fraternity.
Through my dance and my singing, I try to express the humiliation and violence in the world.
And mostly I try to continue life...

dessin : Isabelle Barbat

Sunday, May 11, 2008

Isabelle Barbat par Jean-François Bauret à la Galerie Camera Obscura

Jean-François Bauret
Photographies




Isabelle, 1989

23 mai - 28 juin 2008
Galerie Camera Obscura
268 Boulevard Raspail . 75014 Paris
14h - 19h du mardi au samedi . tél : 01 45 45 67 08
rubrique "Isabelle"


Friday, March 14, 2008

Interview Isabelle Barbat par Curtain Rising Magazine Londres

Getting to know dancer Isabelle Barbat



1. Tell us a bit about your style and your work.
I’m a dancer, and I am also a singer. On stage, during my solo dance, I sing Maurice Ravel’s “Kaddish” and “Sometimes I Feel Like a Motherless Child.” I also dance to the music of Arvo Part and Gustav Mahler. It seems to me that when I dance or when I sing I carry the weight of humanity on my back.

2. Do you have any themes that you find recur in your work?
Everything that I do when I dance is always brought about by intuition...so, when I look back on my performances, everything that I have done seems to have revolved around the same story: human beings, love, humiliation in this world, violence, childhood…I wrote a novel, and the story involved is also the same story that I tell through my dance. It involves the same connection to humanity. I needed to discover who the writer inside of me was. It turns out that the message that I want to convey as a writer is the exact same message that I need to convey when I’m dancing on stage.

3. What is your greatest achievement as a dancer to date?
I don’t know how I can answer this question. I firmly believe that the success that you achieve in your life should be based on doing something intelligent. However, I am French. I am a free woman. There is no religion against me, and no politics against me. I can do anything I want because I live in a free country. I can travel almost everywhere in this world. And because of that I have the opportunity to meet all kinds of different people from many different cultures. I know that this is not an answer in response to my greatest achievement as a dancer…but I believe that maintaining my sense of individuality is probably one of the things that I am most proud of. The most important aspect of life, to me, is the human being.

4. Who are your influences?
People. Life itself. My childhood.

5. What has been your most rewarding experience?
Traveling as often as I have, and to so many different places in this world because of my art. That has been a very special experience.

6. When did you realize that you wanted to be a part of the world of dance?
I can’t really explain it properly. I just felt an unbelievable urge to follow something deep inside myself. It was the dance. It was the music. It was the written word. It was the opportunity to travel.

7. Who is your favourite dancer?
I don’t have one dancer that I would consider my favourite. But, having said that, the dancers I do like tend to be the ones who lose themselves within their art; those who pay attention to humanity and the connection between us all.

8. Do you have any professional training, and if so, where did you study?
I have received professional training in dance, singing as a jazz vocalist and as a classical singer.

9. Who is your favourite theatre director?
I have two: Ariane Mouchkine and Peter Brook.

10. What venue would you most like to dance at?
The stage of the world.

11. What do you think the purpose and value of dance within the world of theatre is?
To instill and maintain a sense of integrity and to influence an engagement with the live audience.

12. Pertaining to dance and theatre, what do you think art is?
As artists, we should simply consider ourselves messengers. We should try to empty ourselves; to tap into the creativity that is within all of us.

13. What pressures do you think theatre artists face today?
Politics. If you don’t have the right names in your address book, the right connections within the industry...then it may become very, very difficult for you.

14. What advice would you give other emerging artists?
Forgot about yourself and your ego...you just are an artist and must do everything in your power to serve your art, and above all else – to maintain your integrity.

15. What are your short and long term ambitions?
To keep myself heading in my present direction.


Photo courtesy of Isabelle Barbat

Isabelle Barbat’s Requiem Pour une âme Seule.
January 15, 2008
Curtain Rising Magazine
27 Old Gloucester Street, LONDON, WC1N 3XX, Tel: + 44 20 7096 8943
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